• Chapitre 18 - Le Porteur de Lumière

    - Sara, Sara, ouvre !

    Inquiète par le ton peu rassurant de Lazare, je me précipite vers la porte d’entrée et pousse une exclamation d’horreur en voyant qu’il soutient tant bien que mal Judas qui semble à peine tenir sur ses jambes.

    - Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ?

    Mon grand frère adoré saigne, il a le regard ailleurs et voilé de souffrance. Tâchant de garder mon sang froid, j’ouvre les portes en grand devant mon mari, jusqu’à la chambre la plus proche, afin qu’il puisse allonger Judas sur le ventre.

    - J’en sais rien, je l’ai retrouvé comme ça… Va chercher de quoi le soigner.

    Il n’a pas le temps de finir sa phrase, je suis déjà dans la salle de bain, en train d’attraper bandages, savon, désinfectant, linge et tout ce qui peut s’avérer utile, tout en remplissant un grand seau avec de l’eau.

    Lorsque je reviens dans la chambre, Lazare a étendu une serviette sous Judas et lui a retiré sa chemise. Je sens mon visage perdre toutes ses couleurs en découvrant son dos totalement balafré. Je plonge les linges dans l’eau et m’empresse de commencer à nettoyer les chairs meurtries. Un gémissement de douleur franchit les lèvres de Judas. Une plainte qui me noue la gorge tant elle ressemble à celle d’un animal blessé en train d’agoniser.

    - Vous deviez prendre des nouvelles de Jésus, comment tu expliques le fait que mon frère est dans cet état ? Il y a eu des émeutes encore ? Il s’est fait tabasser ? Et Jésus, comment va-t-il ? Tu as pu le voir ? Il s’en sort ? Est-ce qu’il…

    Réalisant que je suis en train de passer toutes mes angoisses et mon stress sur mon époux, je me tais brusquement. Depuis l’arrestation de notre Ami Adoré, je me sens perdre totalement pied et voir Judas dans cet état…

    Essayant vraisemblablement de reprendre aussi un peu ses esprits, Lazare attrape un linge à son tour et imite mes gestes en les concentrant sur le front ensanglanté de mon frère.

    - Le Iarl n’a pas l’air de vouloir faire mettre à mort Jésus, commence Laz, il a préféré une humiliation publique pour servir d’exemple.

    -…Une… humiliation…publique… ?

    Mon mari acquiesce en se mordant les lèvres. Il a vu… Il a vu l’humiliation et il n’a pas aimé du tout.

    - Oui. Il dit que Jésus est un peu « extrémiste » dans sa façon de parler, qu’il est provocateur avec tout le monde, Athés comme Croyants et qu’il faut juste le calmer un peu.

    Prenant une profonde inspiration, il écarte les cheveux châtains clair de Judas pour mieux atteindre les blessures près des racines des cheveux. De mon côté, je continue de nettoyer le dos tant bien que mal, épongeant ce sang qui ne cesse de couler. A toute vitesse, comme pour se débarrasser rapidement de la corvée de son rapport, Lazare reprend :

    - Ils ont dressé une estrade sur la place principale et ils ont fouetté notre Jésus devant tout le monde en se moquant ouvertement de lui, en l’insultant, en lui crachant dessus. Les bourreaux étaient un peu trop enthousiastes et ils ont terminé en lui encerclant la tête d’une couronne d’épines.

    Un frisson d’horreur me traverse de la tête aux pieds tandis que je remarque qu’une larme glisse du coin de l’œil fermé de mon frère.

    - Et après, Laz… ? Pourquoi Judas… ?

    Je m’apprête à demander si, dans un sursaut de révolte incontrôlé, Judas ne se serait pas jeté dans une bagarre, mais je referme la bouche. Je viens de remarquer le détail qui aurait du me sauter aux yeux : les blessures de mon frère chéri sont de longues et profondes balafres… comme des coups de fouet…

    - Je ne sais pas, Sara, je te l’ai dit. On se tenait un peu à l’écart, tu comprends… après ce qu’il s’est passé au Jardin, tu sais qu’on évite les autres Disciples et ceux qui pourraient s’en prendre à Judas. Il était avec moi quand ils ont commencé à frapper Jésus, il a eu un espèce de frémissement à ce moment-là et il a reculé. Je l’ai retrouvé deux rues plus loin, dans cet état…

    Judas

    Mon Judas…

    Ta Dévotion envers Jésus est si Grande…

    - Sa chemise serait déchirée, si on l’avait coincé pour le battre…

    Mon argument frappe Lazare qui regarde immédiatement le vêtement en question. Intact. Il est perplexe. Je sens les larmes me monter aux yeux et je montre le front blessé à mon époux :

    - Des blessures… comme une couronne d’épines… et le dos, comme fouetté. Laisse-moi deviner, ils se sont acharnés sur le dos de Jésus en particulier… ?

    Laz pâlit, il a comprit. Stupéfait, il regarde mon frère et murmure :

    - J’ai toujours su qu’il entretenait un lien particulier avec Jésus mais… je n’avais jamais soupçonné que ça serait à ce point…

    Je veux hurler. Je veux hurler ma haine contre le monde des Hommes. Que je les hais à cet instant, tous ces êtres prétentieux et hautains qui fourmillent, jugent, décident et appliquent des sentences alors qu’ils sont les moins aptes à prendre les décisions !

    Il ne faut pas se leurrer, on le sait déjà… Jésus ne survivra pas, même si le Iarl ne veut pas sa mort, il sera condamné. Le Mépris des Hommes pour le Fils de Dieu qu’ils ont sous le nez et qu’ils ne savent pas reconnaitre alors même qu’ils sont les premiers à dire qu’ils l’attendent. Je les HAIS. Ces Etres qui, quitte à faire mourir quelqu’un, ne font pas ça rapidement et simplement, avec indulgence… non… Ils aiment montrer la souffrance et la brandir comme un écriteau. Ils veulent écraser et piétiner en imposant leurs propres envies, au détriment de toutes les autres. Ils ont humilié et blessé la chair de mon Ami le Plus Cher et par ce biais ils ont frappé mon frère. Et Jésus va se sacrifier pour ça ? Pour cette pourriture terrestre ? Les Gens ne méritent aucunement que le Fils de Dieu meurt pour eux !

    - Sara…

    La voix enrouée de mon frère m’arrache à mes pensées de colère. Il est à bout de forces.

    - Ne leur en veut pas… murmure-t-il douloureusement. Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… Nous savions que les épreuves seraient difficiles…

    Et lorsqu’Il mourra, il prendra sur lui les Péchés de l’Humanité… et…

    et puis…

    Epuisée moralement, je laisse les larmes glisser sur mes joues.

    Tous les êtres humains ne sont pas aussi… détestables. Certains comprennent déjà, certains comprendront par la suite… Si Jésus prend les Péchés sur lui, c’est donc qu’Il pardonne, même à ceux qui l’auront torturé. Si Lui pardonne à ceux qui lui ont fait du mal… qui suis-je, moi, humble petite chose, pour haïr ainsi ceux qui ne m’ont même pas frappé moi personnellement ?

    « Garde toujours cet optimisme et cette joie de vivre, Sara, murmure Jésus en resserrant légèrement l’étreinte de ses doigts sur mes épaules. Essaye de voir toujours le côté positif de chaque situation, même lorsque celle-ci paraît être faite uniquement d’ombre. Ne laisse jamais le chagrin, la colère ou même la haine s’emparer de toi. »

    Tandis que je me remémore les phrases de notre Ami Adoré, la main de Lazare attrape la mienne, il la serre dans le creux de la sienne. Sa chaleur réchauffe mes doigts glacés.

    J’opine finalement du chef à l’attention de Judas pour montrer que je l’ai entendu. Il m’adresse un sourire douloureux et tremblant. Tâchant de me concentrer sur le moment présent, je décrète en essuyant sèchement mes yeux :

    - On te soigne, tu manges un peu pour reprendre des forces et ensuite tu te reposes absolument pour te remettre.

    Lazare porte ma main à ses lèvres et dépose un baiser sur ma paume, puis sur mes doigts :

    - Je vais lui préparer un plateau pendant que tu finis les soins, ça gagnera du temps.

    - Bonne idée.

    Mon mari nous laisse dans la chambre. En silence, je continue de soigner mon frère en me demandant jusqu’à quel point il est lié à Jésus. Lorsque ce dernier mourra… est-ce que Judas mourra en même temps… ?

    ~

    La sentence est tombée, comme nous nous y attendions. Jésus a été condamné à être crucifié. Lazare a refusé que je quitte la maison pendant que notre Ami serait trainé sur le chemin qui mène à la colline où aura lieu son supplice. J’ai protesté un peu, estimant que je devais être non loin de notre Cher Ami, ne serait-ce que pour qu’Il sache que nous sommes là pour lui et que nous le soutenons jusqu’au bout. Ce à quoi Laz a répondu que Jésus savait déjà que nous étions avec lui et qu’il fallait aussi que quelqu’un reste avec Judas. En effet, mon frère est toujours blessé par les coups de fouet invisible, affaibli et son état de santé semble se dégrader au fur et à mesure. Il n’est clairement pas en état d’aller voir Jésus, ce qui est peut-être une bonne chose parce que je sais que des Disciples lui en veulent et l’accusent d’être celui qui a condamné Jésus. Je n’ose donc pas imaginer le traitement qu’ils feraient subir à mon frère s’ils mettent la main sur lui.

    Lazare est allé sur place, par contre, aussi bien pour faire acte de présence auprès de notre Ami que pour après. En effet, Jésus n’a pas de Tombeau attitré et il est hors de question que n’importe qui fasse n’importe quoi avec son corps une fois que ce dernier sera descendu de la Croix. Lazare est donc allé trouver le Capitaine de la Garde afin que ce dernier puisse appuyer auprès du Iarl la requête de mettre Jésus dans le tombeau de Lazare. La requête a été acceptée et mon époux souhaite être présent pour s’assurer que tout se déroulera comme prévu quand le corps sera emporté.

    Je frissonne en préparant un thé dans la cuisine. Au moins, ce n’est plus qu’une question d’heures et ensuite Jésus en aura terminé avec les souffrances infligées. Juste quelques heures…

    Un cri de douleur provenant de la chambre où se repose Judas me fait lâcher la tasse que je tenais dans les mains. Elle se brise au sol en répandant le liquide et le sucre à moitié fondu sur le sol, mais je n’en ai cure et me précipite au chevet de mon frère.

    Immédiatement, je vois le sang sur les draps. Ses blessures dans le dos se sont ouvertes… ?

    Judas serre les dents, recroquevillé sur le lit, la respiration haletante. Et je vois que le sang vient de ses mains et de ses pieds. Sans dire un mot, je m’approche de lui et lui prend doucement un bras. Mes doutes se confirment lorsque je vois la plaie sanguinolente en plein milieu de sa paume gauche et je n’ai pas besoin de vérifier la droite et ses pieds pour comprendre qu’il a les mêmes blessures à ces endroits.

    Je ne me fais pas d’illusion, Judas est si lié à Jésus…

    - Ne bouge pas, je vais chercher des pansements.

    Sans attendre sa réponse, je me rue vers la salle de bain et j’attrape les bandages en me demandant si ça sert vraiment à quelque chose. Tant pis, même si c’est inutile de soigner des blessures aussi étranges, ça aura le mérite de m’occuper.

    Comme un automate, je remplis également une bassine d’eau chaude que j’emporte dans la chambre avec le savon, le désinfectant et les pansements. Lazare n’est pas là pour me seconder cette fois.

    Assise sur le bord du lit, j’éponge comme je peux l’épais liquide poisseux qui coule des plaies. Couché, Judas se laisse faire, le regard fiévreux et l’air totalement ailleurs. J’essaye de le rafraichir et de le soulager comme je peux en lui humidifiant le front qui porte toujours les marques de la couronne d’épines.

    - Sara…

    Sa voix est rauque, sa respiration difficile.

    Il lève la main que je suis en train d’entortiller dans un bandage et la pose sur ma joue :

    - Gaspille pas tout ton matériel de soin… C’est ma petite sœur que je veux là, non une infirmière.

    Ses doigts se posent sur mon épaule, il m’attire contre lui. Je me retrouve bientôt à moitié couchée contre son torse, ses bras me serrant contre lui.

    - Sara… Tu vas m’en vouloir, si je te laisse… ?

    Les larmes me montent aux yeux. J’ai envie de dire oui, que je vais lui en vouloir atrocement d’oser m’abandonner ainsi, et une petite part de moi a égoïstement envie qu’il reste à mes côtés pour toujours, comme Lazare.

    Mais Judas sera-t-il heureux de rester en vie, de se forcer à rester en vie, alors que Jésus est parti ? Le Destin des dix Disciples principaux est de répandre l’Enseignement de Jésus. Celui de Lazare était de donner un exemple sur la Résurrection. Et celui de Judas… ? Endosser le rôle de traitre pour mieux aider Jésus à accomplir sa propre Destinée… Si ce rôle est terminé, quelle raison a-t-il de rester encore parmi nous en sachant que certains voudront certainement se débarrasser de lui pour venger Jésus ?

    - Tu vas me manquer, Judas… Mais tu peux partir si c’est ce que tu veux… Je ne te retiens pas.

    Prononcer ces mots me brûle la gorge et je regrette que Lazare ne soit pas à la maison pour m’aider à supporter ce moment.

    Judas me serre un peu plus contre lui et m’embrasse dans les cheveux. Je reste contre lui, le sang de ses plaies imbibe peu à peu mes vêtements mais ça n’a aucune importance. 

    Les minutes s’écoulent avec lenteur. Il me caresse tantôt les cheveux, tantôt le dos. Par moment, son corps est parcouru par un frisson de douleur qui me serre le cœur à chaque fois et j’en viens à prier le Père pour qu’il délivre rapidement mon frère de ce calvaire. De ce fait, la respiration de Judas commence à s’apaiser, son souffle se fait plus régulier. Lentement, je me redresse un peu tandis que ses bras glissent autour de moi. Ses yeux sont fermés. Il a plongé dans un sommeil paisible dont il ne se réveillera probablement pas. Au moins, mes prières ont été entendues et il a cessé de souffrir.

    Je reste assise au bord du lit, les vêtements poisseux de sang et la main de mon frère serrée dans les miennes. Je me dis qu’il va aller dans le Jardin dont m’a parlé Lazare. Qu’il retrouvera Jésus là-bas également. Et je pense aussi à ce que m’a dit mon époux, sur l’idée de partir ailleurs. Laz savait que Judas ne viendrait pas avec nous mais il n’a pas eu le courage de m’annoncer cette nouvelle avant… Supporter de perdre Jésus c’est une chose… perdre Judas en même temps, ça en est une autre et là je reconnais qu’il va être difficile pour moi de rester ici alors que deux êtres chers ne seront plus présents.

    Le ciel s’assombrit et il fait déjà quasiment nuit alors que nous sommes en plein après-midi.

    Le tonnerre éclate soudain et la pluie se met à tomber.

    Je me mords la lèvre en comprenant que Jésus vient surement de rendre son dernier souffle. Mes yeux se tournent vers Judas qui dort toujours. A cet instant, un spasme anime son corps et sur son torse une nouvelle plaie apparait, près du cœur. A ma grande surprise, ce n’est pas du sang qui coule cette fois. Quel est ce liquide… ? On dirait de l’Eau… ou… de la Lumière à l’état liquide ?

    Judas inspire.

    Et n’expire pas.

    Dans mes mains, ses doigts refroidissent. Mais je parviens à sourire à travers mes larmes en voyant que son visage est totalement détendu et qu’il a l’air heureux.

    J’écoute la pluie qui tombe sans le lâcher en me demandant de quoi demain sera fait.

     

    Lorsque Lazare rentre, je n’ai pas bougé. Je devine sa présence dans mon dos avant qu’il m’enlace. Il ne dit rien. Je repose alors la main de Judas sur le lit et je me tourne pour me blottir contre mon mari.

    - Tu es glacée, Sara… murmure-t-il en me frictionnant le dos.

    - M’en fiche… 

    Mon mari me soulève dans ses bras et sort de la chambre. Je note que son visage est las et ses yeux rougis. La journée a été des plus éprouvantes pour tout le monde. J’embrasse sa tempe, puis sa joue, puis le coin de ses lèvres pour le réconforter tandis qu’il me dépose dans le fauteuil devant la cheminée et qu’il s’empresse d’allumer un feu. Nous ne disons rien durant tout le temps qu’il faut aux flammes pour prendre de l’ampleur et je me décide à me secouer un peu une fois que la chaleur vient me caresser le visage.

    - Alors… ? Tu as pu l’emmener au Tombeau, comme tu voulais… ?

    Agenouillé devant l’âtre, Laz tourne la tête vers moi et hoche la tête :

    - Oui… c’était déjà trop tard pour faire les rites funéraires. Et comme demain et après-demain, c’est la Fête d’Avril, on ne pourra rien faire avant lundi matin au plus tôt.

    Je compte mentalement avant d’ajouter :

    - Lundi, ça sera le « troisième » jour, non… ?

    Un semblant de sourire se dessine sur ses lèvres :

    - Ouais… Les Athés sont au courant de la possible résurrection de Jésus. Du coup, ils ont collé je sais pas combien de soldats devant le Tombeau, je suis sûr que je n’ai pas eu tous ces honneurs quand vous m’avez mis là-dedans.

    - Pourquoi des soldats… ?

    - Ils ne croient pas que Jésus va revenir d’entre les morts. Par contre, ils pensent que des gens seraient bien capables d’essayer de voler son corps pour faire croire que c’est le cas. Le Tombeau sera bien gardé, tu peux me croire… Mais tu as l’autorisation d’accès pour lundi matin, avec mes sœurs, pour pouvoir accomplir les derniers rites nécessaires accordés aux défunts.

    Moi qui osais à peine toucher les sandales de Jésus lorsque je l’ai rencontré, voilà que je vais devoir enduire son corps d’huiles et de baumes s’il n’est pas revenu du Royaume des Morts d’ici là… Un grand privilège et je préfère savoir que je ferais partie des personnes qui s’occuperont de prendre soin de lui, et j’ai confiance en Marthe et Marie, au moins je suis sûre que le travail sera bien.

    - Et Judas… ?

    - Je m’en occupe. J’irais trouver le Capitaine de la Garde pour obtenir une autorisation exceptionnelle, on devrait pouvoir tout gérer demain, ne t’inquiète pas.

    Lazare se redresse et se rapproche du fauteuil. En un mouvement rapide, il me soulève, s’assoit à ma place et m’installe sur ses genoux. Epuisée et rassurée par sa présence des plus réconfortantes, je m’endors contre lui. J’ai besoin de m’évader quelques heures dans le sommeil, ne serait-ce que pour avoir la force d’affronter la suite des évènements.


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